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Le Haut-Parleurs des Havrais•es

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Les Marins d'A-Bord : Amanda Pinto Da Silva et Daniel Mayar : Apparition/Disparitions

Amanda PINTO DA SILVA, plasticienne brésilienne, cristallise sa démarche artistique autour de la peinture, de la sculpture, du dessin, de la gravure et de la scénographie. Elle peint, grave et assemble bois, toiles, cuir, terre, pigments… et réalise ainsi des installations où elle croise ses différentes productions.

” Parlons des marins. Les marins ne peuvent rien dire. La bouche cousue, ils subissent. “

Architecte DPLG formé à l’école d’Architecture de Normandie, membre de la SACD, Daniel MAYAR, réalise natures mortes et spectacles vivants, installations sonores ou plastiques, objets, peintures, vidéos et performances en passant par l’écriture et la musique.

” Le marin ? C’est le grand oublié de la crise sanitaire. “

Amanda et Daniel, installés à Rouen et à Sotteville-lès-Rouen, ont fondé en l’an 2000 la compagnie Dans la forêt Hur Ben pour laquelle ils réalisent différents ateliers, mises en scènes, installations, performances et expositions. Ensemble, ils ont décidé de travailler à une série de portraits, dans lesquels ils confrontent des matériaux sensibles à des fins intelligibles comme la terre par exemple.

Dans Course en vrac, Amanda a choisi de montrer les portraits de marins qu’elle a réalisé sur de simples sacs de jute qui servent au transport des marchandises, soulignant le sort des matelots
qui ne lui semblent pas mieux considérés.

l’approche de Daniel, Apparitions / Disparitions, révèle principalement des portraits de marins blanc sur blanc (plâtre sur papier) qui ne sont visibles que si on s’attache à eux et qu’on les observe sous un certain angle.

Les marchandises circulent, les ports fonctionnent, mais les hommes de mer, qui ne mettent pratiquement plus pied à terre, sont invisibles. Dans cette série de portraits, les deux artistes désirent donner une certaine visibilité aux marins en utilisant des matériaux symboliques. Cette petite communauté de marins qu’ils ont réalisée va constituer le fond d’une exposition itinérante, qui voyagera ensuite de lieu d’exposition à un autre, à la rencontre des publics auxquels elle n’a ordinairement pas accès. Cette démarche répond à un besoin de sensibilisation au monde maritime, trop mal connu et pourtant essentiel.


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#EXHIBIT : Quitter la gravité - Persistance Dys Force n°1

Persistance, Dys Focus N°1
Silvi Simon
France - 2019
Installation vidéo, peinture phosphorescente

Persistance fait partie de plusieurs installations regroupées sous le nom de Dys-focus N°1, Nature collection. Il s'agit d’un répertoire d’images vidéo issues de prises de vue réalisées en pleine nature et sans trace humaine apparente dans différents lieux sur la planète. Filmés de nuit, les végétaux se dévoilent progressivement. Seul un pointeur laser les éclaire : ils deviennent brillants, luminescents. La vidéo tend à nous faire découvrir à nouveau la nature, en ne nous donnant pas tout directement. C'est une expérience du regard, de l'attente, de la patience. En passant devant le faisceau du vidéoprojecteur, la peinture phosphorescente laisse apparaître les résidus de la végétation ; devenus acteur.trice.s, écrans et projecteurs, nous révélons une partie de l'œuvre par notre corps. 


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Metaclassique : Souffrir

Dans À la recherche du temps perdu, Swann est bouleversé par la Sonate de Vinteuil. Si Marcel Proust a choisi un compositeur fictif, c’est pour ne pas se heurter aux goûts musicaux réels des lecteurs, dit-on ; ou pour ne subir aucun frein dans l’idéalisation de sa musique, peut-on aussi imaginer. Le romancier et mélomane Étienne Barilier se heurte à un impossible : alors que Proust met en scène un Vinteuil délicieusement naïf, qui ne ferait pas de mal à une mouche, il soutient que ce même Vinteuil a connu les gouffres de la condition humaine sans lesquels il n’aurait pu produire une musique aussi géniale. Pour résoudre cette impossibilité, Étienne Barilier a reconstitué la biographie de Louis Lefebvre, l’homme réel qui a dû inspirer Proust, qui ne se contente pas de souffrir comme Vinteuil, mais fait souffrir à son tour. Mais voilà qu’au moment où le livre À la recherche de Vinteuil est paru aux éditions Phebus, le hasard des calendriers éditoriaux veut qu’un autre livre d’Étienne Barilier est sorti aux éditions Premières loges, Pour la main gauche qui retrace l’histoire des partitions pour pianistes amputés et révèle comme l’auteur entend décidément la musique depuis la souffrance. C’est à son domicile, près de Lausanne en Suisse, qu’il a reçu les micros de Metaclassique pour évoquer comme se dessine, au fil de ses livres, une curiosité tenace pour la souffrance créatrice.

Une émission produite et réalisée par David Christoffel.